Du travail, à la maladie,
à la pauvreté
À l’aube de ma soixantaine, après plus de 40 ans sur le marché du travail, j’ai appris que j’étais porteuse de deux cancers incurables. J’avais tenté pendant des jours, voire des semaines, de rencontrer mon médecin, mais en vain. C’est avec l’aide d’une infirmière en clinique que j’ai finalement réussi à obtenir le rendez-vous qui changerait le cours de ma vie.
Nul besoin de dire que j’étais sous le choc. On m’a toutefois prise en charge rapidement, vu la sévérité du cancer. De ce côté, je tiens à remercier le personnel de l’hôpital de Montmagny, qui me prodigue de bons soins. Ils font tout ce qui est nécessaire pour me soigner.
Le point le plus important que j’aimerais partager est le suivant : vivant seule, j’ai travaillé plus de quatre décennies afin de payer les factures et de vivre décemment. Mettre de l’argent de côté m’a été impossible. Récemment, avec la maladie et le diagnostic de fin de vie prochaine, j’ai dû cesser de travailler, et demander la rente invalidité de Retraite Québec. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai su que je ne recevrais que 1156,41 $ par mois pour payer mes dépenses courantes!
Il va sans dire que l’annonce d’un cancer incurable ébranle passablement, surtout lorsque vous avez eu à vous battre pour voir un médecin. Puis vient ce moment où on vous apprend que vous aurez peut-être à demander — pour ne pas dire quêter — de l’aide à vos proches, ou à des œuvres de bienfaisance puisque la rente invalidité est aussi basse.
Et puis, vous découvrez que les gens qui ont l’aide financière de dernier recours (le BS comme nous avons l’habitude de dire) reçoivent 1261 $ par mois, en plus de la carte médicament qui leur offre la médication gratuitement (ce que je n’ai pas).
Du choc, à la colère, en passant par le découragement… Pourquoi?
Cher gouvernement, comment se peut-il qu’une personne ayant contribué toute sa vie à la société ne puisse vivre ses derniers jours de façon décente et dans la dignité? Comment se fait-il que la personne n’ayant pas travaillé de sa vie reçoive davantage que celle qui a mis l’épaule à la roue? Étant aux prises avec cette injustice, j’entrevois mes derniers jours avec souci, puisque je devrai jongler tous les mois pour arriver à maintenir la tête hors de l’eau, et manger deux fois par jour.
Cette lettre n’a pas pour but de faire pitié, mais bien de conscientiser nos dirigeants sur une bien triste réalité : finir sa vie aux prises avec l’énorme stress financier qu’occasionne la rente invalidité, et ce, après avoir contribué au système toute sa vie.
Vous comprendrez que tranquillement, j’attends la mort en ayant faim de vivre correctement mes derniers jours dans la dignité.
Une L’Isletoise [NDLR Compte tenu de la situation particulière de la signataire, Le Placoteux a choisi de respecter son anonymat]
Aide spécifique pour les
MRC prioritaires
Une résolution extraordinaire portant sur une aide spécifique aux entreprises agricoles situées dans les MRC dites prioritaires a été adoptée à l’unanimité lors du 100e congrès général annuel de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Cette proposition a été présentée par Nathalie Lemieux, présidente de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent.
Cette mesure s’inscrit dans un contexte où les producteurs agricoles des régions périphériques font face à des défis particuliers tels que l’accès aux ressources et aux infrastructures nécessaires pour maintenir et développer leurs activités. L’aide spécifique adoptée vise à soutenir ces entreprises et à réduire les disparités régionales.
Le congrès, qui a réuni plus de 600 participants des secteurs agricole et forestier. Parmi les thèmes discutés figuraient la révision des programmes d’aide à la relève, la gestion des risques, et la réduction du fardeau administratif pour les producteurs. Ces mesures visent à renforcer la compétitivité des entreprises agricoles du Québec tout en favorisant leur résilience face aux aléas économiques et climatiques.
Les délégués ont aussi adopté trois autres résolutions extraordinaires touchant la reconnaissance de la primauté des activités agricoles et forestières en zone agricole, l’utilisation des revenus issus de la tarification carbone, et le renouvellement de la Politique bioalimentaire en 2025.
Ce congrès, placé sous le thème Du cœur au ventre depuis 100 ans, a permis de célébrer l’apport des producteurs agricoles et forestiers au développement des régions québécoises, tant sur le plan économique que social. (M.L.)

