Augmentation salée de la facture
Les municipalités s’interrogent
sur la gestion de la Sûreté du Québec
MARC LAROUCHE
Les municipalités du Québec desservies par la Sûreté du Québec (SQ) ont récemment reçu leur facture pour les services policiers en 2025. Elles y ont trouvé des hausses parfois importantes atteignant 10 %, 15 %, voire plus de 20 % pour certaines localités, la moyenne québécoise se situant à 6,47 %. En Côte-du-Sud, la hausse n’est pas si dramatique, mais on estime tout de même que le gouvernement doit analyser la gestion de la SQ afin d’identifier des économies potentielles.
« Ces nouvelles charges, imprévues, vont obliger plusieurs municipalités à puiser dans des fonds alloués à d’autres projets, car l’enveloppe budgétaire globale reste inchangée. Des choix rapides et difficiles devront être faits pour maintenir l’équilibre des finances municipales. Les conséquences de ces hausses tarifaires pourraient se traduire par des coupes dans certains services ou projets pour la communauté », estime Joé Deslauriers, président du Caucus des municipalités locales de l’UMQ.
Les raisons
L’année 2025 marque la fin de la période transitoire pour le partage des coûts des services de la Sûreté du Québec, provoquant un tournant important pour les municipalités qui devront désormais assumer 50 % des dépenses. Qui plus est, le recours accru aux heures supplémentaires, dû à un manque de personnel, les rajustements différés pour refléter l’inflation passée, des investissements dans la modernisation des infrastructures et des équipements, et la demande croissante de services diversifiés tels que la cybersécurité et les enquêtes spécialisées alourdissent encore plus les charges financières.
La méthode de calcul basée sur l’évaluation foncière des municipalités ajoute une pression supplémentaire, car une hausse de l’évaluation entraîne automatiquement une augmentation de la facture, indépendamment des besoins réels en services policiers. Cette situation, combinée à la fin des plafonds d’augmentation, risque de créer des disparités importantes entre les municipalités, certaines devant absorber des hausses disproportionnées en raison de leur assiette foncière croissante.
Notre région épargnée
Ce n’est toutefois pas le cas dans la région, puisque du côté de Saint-Jean-Port-Joli, l’augmentation pour ce service est de moins 1 %, alors que pour La Pocatière, on parle de 2,46 %. La raison : leur évaluation foncière n’a pas augmenté massivement, comparativement à d’autres localités du Québec.
C’est notamment le cas de la ville de Témiscouata-sur-le-Lac qui doit faire face à une augmentation de près de 40 % de sa facture pour les services de la Sûreté du Québec, atteignant désormais 733 000 $. Cette hausse inattendue, de 208 000 $ par rapport à l’année précédente, dépasse largement l’augmentation initialement prévue de 7 %.
Solidaire
Face à cette situation, la Municipalité de Saint-Jean-Port-Joli, à l’instar de la Fédération des municipalités du Québec (FMQ), propose des actions pour maîtriser ces coûts. Elle demande au ministre de la Sécurité publique François Bonnardel de mandater une firme externe pour analyser la gestion de la SQ, s’inspirant des solutions trouvées pour réduire les dépenses dans le secteur des transports publics.
La Municipalité en appelle également à maintenir des plafonds et planchers d’augmentation, tant « qu’aucune solution durable n’aura été mise en place ».
Cette résolution, adoptée à l’unanimité, vise à donner aux municipalités du Québec un droit de regard sur la gestion des services policiers, dont la facture totale s’élève en 2025 à plus de 444,8 M$. « Le monde municipal n’est pas impliqué dans la détermination des conditions de travail des policiers, c’est pour cela que nous demandons à Québec de mandater une firme externe pour analyser la gestion de la Sûreté. Il y a des limites à la capacité de payer des contribuables! », conclut Normand Caron, maire de Saint-Jean-Port-Joli.
Belle année sur les bancs d’école
MARC LAROUCHE
Le Centre de services scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup (CSSKRL) a dévoilé son rapport annuel 2023-2024, marqué par des résultats éloquents, et par des initiatives visant à améliorer l’expérience éducative de ses élèves.
Avec un taux de diplomation et de qualification de 82,5 %, le CSSKRL se distingue par un écart positif de 3,2 % par rapport à la moyenne du réseau public (79,3 %). Par ailleurs, le taux de sortie sans diplôme ni qualification a diminué de 1,4 % par rapport à l’année précédente, s’établissant à 9,7 %.
Le CSS attribue ces résultats au dévouement et à l’engagement des équipes éducatives envers les élèves. « Ces statistiques nous remplissent de fierté. Elles résultent du travail acharné des employés, et de leur détermination à accompagner chaque élève vers la réussite », souligne Antoine Déry, directeur général.
Le CSSKRL couvre un territoire regroupant les MRC de Kamouraska et de Rivière-du-Loup, ainsi qu’une partie de la MRC de L’Islet. Ce territoire inclut un parc immobilier de 50 bâtiments, dont une quarantaine dédiés à des fins éducatives — écoles primaires et secondaires, centres de formation professionnelle et centres d’éducation des adultes.
En 2023-2024, le CSSKRL a offert des services à 8911 élèves, encadrés par plus de mille employés, dont une majorité travaille directement avec les élèves dans les établissements scolaires.
Parmi les actions réalisées, on retrouve l’implantation de classes de maternelle quatre ans à temps plein dans toutes les écoles du CSSKRL, une mesure qui vise à élargir l’accès à l’éducation dès le plus jeune âge.
Investissements et innovation
L’année 2023-2024 a été marquée par des investissements considérables pour l’amélioration des infrastructures scolaires.
Un montant de 40,4 millions $ a été déployé pour la rénovation des établissements et pour l’ajout d’espaces, incluant la construction d’une nouvelle école à Rivière-du-Loup, et d’un gymnase à Mont-Carmel. On a aussi modernisé certaines classes, et acquis des équipements technologiques pour enrichir les apprentissages, toujours dans le but de créer des environnements propices à l’épanouissement des élèves.
Le CSSKRL a également mis en place des initiatives visant à illustrer les contributions de ses employés. La troisième édition de la Semaine de reconnaissance du personnel a récompensé 49 membres du personnel avec des prix Synergie, pour leurs initiatives individuelles et collectives exceptionnelles. On a aussi créé
« Le succès de notre organisation repose sur la collaboration et sur la créativité de notre personnel. Ces reconnaissances sont une façon de mettre en lumière leur apport inestimable », souligne M. Déry.
Le CSSKRL a su innover avec des activités pédagogiques uniques, notamment celles organisées en prévision de l’éclipse solaire du 8 avril 2024.
Enfin, des programmes comme le Défi OSEntreprendre ont permis de stimuler l’esprit entrepreneurial chez les élèves, avec 60 projets soumis à la 26e édition du concours.
Une vision pour l’avenir
Malgré ces succès, le CSSKRL affirme demeurer déterminé à poursuivre sur sa lancée. Les projets d’avenir incluent la poursuite de l’amélioration des infrastructures, et le renforcement des initiatives axées sur le bien-être et la réussite des élèves. Le rapport financier, accessible sur le site de la CSSKRL, détaille les orientations budgétaires pour 2024-2025.


